Fès Maroc four à pain Hammam mosquée médersa

Fès Maroc four à pain Hammam mosquée médersa

Déambuler dans les ruelles

Comme des lames de lumière, les premiers rayons du soleil transpercent les dais de roseaux qui coiffent les souks pour les blottir dans une pénombre rafraîchissante. Parfums doux, ambrés, sucrés, âcres et amers se mélangent et la vie tourbillonne autour des étals de pyramides d’épices, de babouches, de tapis, de fruits et de viandes variées.

« Balek! balek !» (Attention, attention !). Prioritaires, les muletiers se frayent un passage par cet appel impérieux au milieu de la foule effervescente et chatoyante qui s’écoule dans les « derb », ces rues étroites qui serpentent à travers la médina. Organisée en quartiers affiliés aux multiples guildes d’artisans, elle entremêle marchés et habitations dans un joyeux kaléidoscope de sons, de couleurs et d’odeurs. Pour en saisir l’âme, il faut déambuler et se laisser porter par le courant, prendre le temps de regarder, de humer, de ressentir les énergies qui rythment cette vieille ville de plus de 160 000 habitants.

La médina de Fès, à l’image de toutes les médinas marocaines, chaque quartier vibre autour de ses cinq foyers traditionnels:
le four à pain, où les femmes déposent leurs savoureuses pâtes à cuire;
la fontaine, qui déverse ses notes cristallines;
le Hammam, cœur de la vie sociale;
la mosquée, centre de la vie spirituelle; et la médersa, l’école coranique. Celle de Bou Inania, érigée entre 1350 et 1357 par le sultan mérinide Bou Inan, est considérée comme l’un des plus beaux collèges de théologie par son architecture arabo-andalouse. On y admire un chef d’œuvre émaillé de colonnes de marbre blanc, de zelliges, de stucs ornés de motifs végétaux et de versets du Coran, et des plafonds en bois de cèdre sculpté.

Visite touristique de la villa de Meknès Maroc

Visite touristique de la villa de Meknès Maroc

Les empreintes de l’histoire font partie du quotidien des Meknassis, qui font battre encore aujourd’hui le cœur de leur ville. Comme depuis les origines, la vie de chaque quartier, dans le centre ou la médina, reste encore organisée’ autour de quatre éléments essentiels : la mosquée, la medersa, le hammam chauffé à la sciure de bois de cèdre et le four à pain, lui aussi alimenté par cette essence. Autant dire que les rues embaument le cèdre et le pain chaud que nombre de femmes préparent encore elles-mêmes avant de le donner à cuire au boulanger du quartier.

Meknès, c’est aussi l’artisanat. Une coopérative réunit les spécialités artisanales de la ville de Meknès: damasquinerie, henbel et broderie. Là encore, comme souvent à Meknès, l’intérêt du lieu ne réside pas seulement dans ce qu’il offre au premier abord … la terrasse à la vue panoramique est encore à découvrir pour aborder la ville avec un peu plus de hauteur avant de se perdre dans ses méandres.

La découverte de Meknès doit également passer par une plongée dans les quartiers moins touristiques, plus vivants, plus populaires, plus proches de la vie quotidienne des Meknassis, comme celui des forgerons qui exercent dans des petites échoppes où les touristes se font rares. Et pour cause, ici pas de bougeoirs, de lampes ou d’appliques folkloriques. Les artisans fabriquent une production utile, pour les habitants, des ustensiles de cuisines et autres seaux. Plus loin, se profile le coin des tanneurs. Les peaux y sont bien sûr travaillées, à l’ancienne, à la main et de grands bacs à ciel ouvert les accueillent pour divers traitements, longs, fastidieux qu’effectuent les hommes aux mains et aux pieds nus.

A découvrir à quelques mètres de là, Bab Jdid, le quartier « musical » avec ses vendeurs d’instruments de musique, tout près du marché aux puces, d’un fabricant de fusils pour fantasia, de la Kissariat de tissus, des couturiers, de la vente à la criée des coussins et autres pièces de tissus travaillées par les femmes.
Cette visite du Meknès d’hier et d’aujourd’hui peut aisément se faire en moins d’une journée, pour une vue d’ensemble, avant d’approfondir certaines étapes pour les plus curieux.