Maroc Fès mosquée Qaraouiyyin métiers médina

Maroc Fès mosquée Qaraouiyyin métiers médina

La mosquée, joyau du Maghreb

Cinq fois par jour, les mélopées incantatoires des muezzins se font écho pour appeler les fidèles à la prière, mais c’est vers la magnifique mosquée Kairaouine (ou Qaraouiyyin) que la foule est la plus dense. Elle peut accueillir 20 000 personnes mais il est difficile d’en appréhender toutes les dimensions et interdit d’y entrer pour les non musulmans.

Fondée au IXe siècle par les Kérouanais puis agrandie au XIIe siècle par le sultan almoravide Ali ben Youssef, elle dévoile un scintillant toit de tuiles émeraude, d’élégantes vasques nappées de mosaïques et des cours en marbre. Son université, bâtie entre 859 et 862, est une des plus anciennes au monde et elle héberge l’une des plus belles bibliothèques du monde musulman, riche de plus de 30 000 volumes.

Une mosaïque de métiers

Au fur et à mesure que le voyageur s’enfonce dans la médina, son ouïe s’habitue aux divers bruits qui l’animent. Place As-Seffarine, des martèlements métalliques témoignent de la présence des dinandiers qui façonnent grands plats de mariage et services de table en cuivre et laiton.
Plus loin s’élève le ronronnement des machines à coudre et le crissement des couteaux sur des meules de pierre. En débouchant sur une placette ombragée, l’air s’emplit de petits coups sourds de marteaux, preuve que l’on entre dans le quartier où se créent depuis un millénaire les zelliges, merveilleuses mosaïques multicolores qui pareront fontaines, patios ou colonnades. Parfois, au détour d’une ruelle, se révèle un fondouk, ancien caravansérail où les marchands itinérants pouvaient loger et exposer leurs marchandises. Un des plus beaux de la médina se trouve place An-Nejjarine et a été aménagé en Musée des arts et métiers du bois.

C’est à l’odorat que l’on sait que l’on s’approche des fameuses tanneries de Fès aux effluves nauséabonds. Du haut d’une plate-forme, le visiteur peut observer le travail des tanneurs agiles dont les gestes n’ont guère changé depuis des siècles autour d’immenses cuves de colorants naturels. Y trempent les peaux qui seront transformées en articles de cuir qui ont fait la réputation des artisans de Fès, une ville secrète dont on peut lever quelques mystères. Une ville qui offre de multiples voyages.

Fès Maroc four à pain Hammam mosquée médersa

Fès Maroc four à pain Hammam mosquée médersa

Déambuler dans les ruelles

Comme des lames de lumière, les premiers rayons du soleil transpercent les dais de roseaux qui coiffent les souks pour les blottir dans une pénombre rafraîchissante. Parfums doux, ambrés, sucrés, âcres et amers se mélangent et la vie tourbillonne autour des étals de pyramides d’épices, de babouches, de tapis, de fruits et de viandes variées.

« Balek! balek !» (Attention, attention !). Prioritaires, les muletiers se frayent un passage par cet appel impérieux au milieu de la foule effervescente et chatoyante qui s’écoule dans les « derb », ces rues étroites qui serpentent à travers la médina. Organisée en quartiers affiliés aux multiples guildes d’artisans, elle entremêle marchés et habitations dans un joyeux kaléidoscope de sons, de couleurs et d’odeurs. Pour en saisir l’âme, il faut déambuler et se laisser porter par le courant, prendre le temps de regarder, de humer, de ressentir les énergies qui rythment cette vieille ville de plus de 160 000 habitants.

La médina de Fès, à l’image de toutes les médinas marocaines, chaque quartier vibre autour de ses cinq foyers traditionnels:
le four à pain, où les femmes déposent leurs savoureuses pâtes à cuire;
la fontaine, qui déverse ses notes cristallines;
le Hammam, cœur de la vie sociale;
la mosquée, centre de la vie spirituelle; et la médersa, l’école coranique. Celle de Bou Inania, érigée entre 1350 et 1357 par le sultan mérinide Bou Inan, est considérée comme l’un des plus beaux collèges de théologie par son architecture arabo-andalouse. On y admire un chef d’œuvre émaillé de colonnes de marbre blanc, de zelliges, de stucs ornés de motifs végétaux et de versets du Coran, et des plafonds en bois de cèdre sculpté.

Ville de Fès capitale spirituelle du royaume Maroc Fès el Bali

Ville de Fès Maroc Fès el Bali capitale spirituelle du Royaume

Fès el Bali, la vieille ville de Fès, est une des plus grandes cités médiévales du monde et l’un des joyaux du Maroc, classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, cette immense médina foisonne de recoins secrets à l’image d’une vie d’un autre temps.

Franchir Bab Boujeloud, une des quatorze portes qui percent les remparts de Fès el Bali, c’est entrer dans un monde fascinant où les aiguilles du temps semblent figées sur un lointain passé, celui de sa fondation vers 808, quand la ville devint la première capitale du Royaume du Maroc sous Idriss II.
Embellie par les dynasties des Almoravides (1061-1147) et des Almohades (1147-1248), Fès s’agrandit et deviendra une grande cité politique et commerciale au XIIIe siècle sous les Mérinides. Au XIXe siècle, le roi Moulay Abdallah en fait le cœur spirituel et culturel du Maroc.

Un héritage culturel

Douze siècles d’histoire ont ainsi façonné cette magnifique ville impériale très cosmopolite qui abrite quelques-uns des plus beaux édifices du pays.
À elle seule, la médina, inchangée depuis ses origines, couvre 330 hectares forgés d’un labyrinthe déconcertant de 9400 ruelles tortueuses, où l’on se perd avec bonheur, 185 mosquées et près de 500 palais la composent avec quelques fleurons de l’architecture arabo-andalouse. Pour préserver ce merveilleux patrimoine, d’importants travaux de restauration ont été entrepris, qui rendront ainsi aux vieilles pierres toute la splendeur de leur passé.